• Matthieu Pédurthe | Dharma RH

Donner du sens, mais comment ?

Il n'y a plus aucun doute à cela, nous avons toutes et tous besoin aujourd'hui de donner un sens à notre vie professionnelle. La Covid n'a pas eu que des effets négatifs, elle nous a aussi permis de prendre conscience de ce "besoin".

"Je n'en peux plus, je veux que mon boulot soit utile et pas juste à enrichir le patron"

C'est souvent ce que j'entends de la part de personnes qui en ont ras-le-bol de leur quotidien. Je pense que la phrase la plus dure que je puisse recevoir est "à quoi je sers". O...M...G... tu n'es pas un ustensile !! En tout cas, quand j'entends quelqu'un prononcer ces mots, c'est ce qui me vient à l'esprit (comme en entretien de recrutement, "je suis adaptable"... cool, comme une table gigogne quoi !).


Ce besoin de sens n'est pas nouveau. Il y a une dizaine d'années ça se disait, mais plutôt à demi-mots. Aujourd'hui, on ne s'en cache plus. L'envie d'avoir un impact positif sur son environnement (social et/ou écologique) est prégnant. La preuve, il existe même des écoles de commerce spécialisée/dédiées au "développement durable". Ok, ça surf sur la vague me direz-vous... et alors ? Tant que finalement le résultat est louable ? Arrêtons de "slacher" les autres, essayons d'accepter et de voir au-delà de ce que nous avons dans la tête (le sujet de l'ego est tellement vaste que je pourrais y consacrer plusieurs articles, mais le bouddhisme en parle tellement mieux que moi que je vous laisse faire vos recherches. Je vous ferai peut-être un petit billet dessus un de ces jours, quand même ^^)


Bref, nous voulons du sens !


En tant que professionnel des RH, j'engage le sujet "quête de sens" sous l'angle de la culture d'entreprises, ses valeurs, sa raison d'être, afin de revaloriser tout ça au niveau marque employeur. Objectifs : attractivité et fidélisation au top. Pour autant, pas toujours facile ou même possible d'avoir un sens humaniste ou écologique dans la finalité de l'entreprise. Ou alors, il faut être sacrément créatif et imaginatif, ce qui, je l'avoue, n'est pas un problème pour moi (j'avais bien réussi à trouver une raison quasiment sociétale à Coyote et ainsi, me dire qu'en tant que Responsable Développement RH, je participais à la sécurité routière. Quand je vous dis que je peux me montrer imaginatif ^^). Mais tout le monde ne peut pas avoir cette capacité de repositionnement du point de vue. Est-ce que ça veut dire que l'entreprise est vouée à un turn-over élevé, des difficultés à recruter et, in fine, à mettre la clé sous la porte ? Evidemment, NON.


Déjà, parce que le "sens" ne fait pas tout. Je ne reviendrai pas en détails sur les sujets de ce qui fait que je reste dans mon job dans une entreprise, mais pour faire simple, c'est une combinaison : sens/culture, qualité managériale, organisation du temps de travail. Vous pouvez en lire davantage avec cet article, lié à la notion de QVT. Bien entendu, je pars du postulat que la rémunération me permet de répondre à mes besoins (vitaux) et à certains de mes désirs (non essentiels).


Pour autant, les "gens" (dont je fais partie, je suis comme vous ^^) réclament ce besoin de sens et deviennent de plus en plus sélectifs pour ne pas dire exigeants avec les entreprises. Ce qui les conduit à mal vivre leur expérience professionnelle "à cause" de ce manque de sens. Vous vous rappelez, "à quoi je sers", "mon travail n'a pas de sens".



Mais comment faire alors, en tant que RH ou tout simplement en tant que salarié, si mon entreprise n'a pas ce "sens" que j'attends, qui est recherché ?

Et bien, j'ai envie de dire : RIEN. Vous ne pouvez pas transformer l'essence de votre société... (bon, à vrai dire, il est toujours possible d'enclencher une démarche de revalorisation de la culture, etc. Mais c'est un autre sujet).

Et si, au lieu de vouloir que mon job ait du sens, je faisais un pas de côte pour dire ...


je veux que mes compétences aient du sens

Voyez-vous la différence ? Elle est E-NOR-ME !


La première formulation implique que mon métier, mon quotidien dans mon emploi ait une valeur sociétale selon mes attentes personnelles. En gros, j'attends que le collectif (l'entreprise) réponde à mon désir ou besoin individuel, personnel. Au-delà du fait que ce soit un peu égocentrique (ce n'est pas un gros mot), je te dirais : "si c'est si important, crée ta boîte !" avec un clin d'œil 😉 et beaucoup de bienveillance et de soutien (j'ai cette âme d'entrepreneur, alors don't worry).


La seconde formulation n'implique pas le collectif, mais moi-même uniquement. Elle est plus responsabilisante, et surtout, elle me rend autonome dans mon désir/besoin de sens. Je veux pouvoir être utile, ou plutôt que mes compétences puissent servir une cause qui me semble être importante.


Par exemple, je suis quelqu'un de très attaché à l'altruisme, au vivant et il m'est difficile de rester les bras croisé à ne rien faire quand d'autres (humains, animaux, végétaux) sont en difficulté voire en souffrance. Du coup, en tant que RH/recruteur, je peux très bien travailler dans une entreprise qui n'a pas un impact direct sur l'environnement, ou dans une dynamique humaniste. Mais par contre, pour répondre à mon désir voire mon besoin d'aider l'autre à s'en sortir, je donne de mon temps, j'offre mes compétences de RH et recruteur à celles et ceux qui en ont besoin. Comment ? notamment grâce à une association : La Cravate Solidaire qui est présente dans de nombreuses villes en France, et même en Belgique.


la cravate solidaire, association emploi

L'idée est simple, au lieu de vouloir que ce soit mon travail qui me donne satisfaction, je vais prendre sur mon temps libre ET/OU sous forme de mécénat de compétences pour aider des personnes qui sont en difficulté face à la recherche d'emploi (et là, on va pas se mentir, à part quelques métiers où il suffit de publier son CV, trouver un travail est un job à plein temps, où il faut maîtriser la rédaction de CV, être créatif, maîtriser les techniques d'entretiens, être le mouton à 5, 6 ou 7 pates, ... on a presque plus de chance de gagner au loto que de trouver un job en moins d'un mois aujourd'hui). Donc, plus je développe mes compétences dans mon entreprise, plus je pourrais les mettre à disposition de mon prochain, ou la cause que je veux servir. Vous vous rendez compte ? L'entreprise pour laquelle je travaille pourrait indirectement servir mon besoin de sens, en m'aidant à maintenir et même à développer mes compétences ! Je trouve alors un équilibre entre ma vie professionnelle et une partie de ma vie personnelle.


Le mécénat de compétences : outil pour la RSE et la Marque Employeur

En tant que RH, pensez-y, le mécénat de compétences est un beau moyen pour offrir la possibilité à vos salariés de donner du sens à leurs compétences. Bonus, avec un impact positif sur votre politique RSE et votre Marque Employeur.

Mais en quoi ça consiste ? C'est une des possibilités offertes à un "mécène entreprise" qui consiste à apporter, non pas avec de l'argent sonnant et trébuchant, mais des moyens (produits ou services ou humains) à la cause qu’elle veut soutenir. Il s’agit ici, d’un « mécénat en nature ou de compétences ».


Alors, êtes-vous prêtes/prêts à partir en quête de sens pour vos compétences ?

Pour ma part, c'est quand je le peux, avec la Cravate Solidaire de Bordeaux, avec Entourage et de bien d'autres façons...


A chacun sa quête de sens et sa façon d'y répondre. Quelle sera la vôtre ?


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